Le contexte économique est sous tension. L’inflation pèse sur nos marges et le pouvoir d’achat de nos clients. Les tensions géopolitiques perturbent nos chaînes d’approvisionnement et créent de la volatilité. L’instabilité politique réduit la visibilité sur les orientations stratégiques nationales. Ce n’est pas de la folie de penser que 2026 ne manque pas de défis pour nous, dirigeants de TPE et PME !
Au milieu de ce brouillard ambiant, des questions essentielles se posent : comment préserver notre capacité à voir les opportunités, à mobiliser nos équipes, à décider avec clarté ? Comment préserver notre optimisme ? Pourquoi rester confiant, pourquoi rester en action, en mouvement ?
Parce qu’A l’instar de la culture taoïste, si nous comprenons que la crise est dans l’ordre naturel des choses, qu’elle révèle le danger (Wei) et l’opportunité (Ji), non pas que l’un vienne après l’autre, mais parce que l’un contient l’autre nécessairement et prend le dessus selon les moments. Alors la crise est une opportunité à l’innovation, à la remise en question, à la créativité.
Ainsi, être dirigeant, c’est naviguer sans visibilité totale. Et c’est précisément dans cette navigation à vue que notre état d’esprit devient notre meilleur compas. En 2026, cultiver un optimisme lucide est un levier stratégique pour affronter l’incertitude et créer de la valeur durable.
1. L’OPTIMISME DU DIRIGEANT : BIEN PLUS QU’UNE SIMPLE DISPOSITION D’ESPRIT
Soyons d’accord sur un point : l’optimisme n’a rien à voir avec la pensée positive façon « tout va bien dans le meilleur des mondes ». L’optimisme ne nie rien, il ne minimise pas la situation du monde, ni la noirceur de certaines situations. Il prend acte de la réalité, pour mieux la transformer.
La philosophie nous rappelle que l’optimisme n’est pas l’ignorance des difficultés, mais la confiance éclairée (consciente) en la capacité collective d’évolution. Le pessimisme, quant à lui, peut facilement s’installer comme un frein à l’action : il verrouille les choix, crée de l’hésitation et génère des réactions de repli.
En tant que dirigeantes et dirigeants, je suis profondément convaincue que nous avons la responsabilité de rejeter les visions fatalistes -pas en le niant puisqu’elles existent – en les intégrant dans un cadre plus large où chaque challenge devient une occasion de progrès conscient et co-construit.
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2. POURQUOI L’OPTIMISME DU DIRIGEANT FAIT-IL VRAIMENT LA DIFFERENCE ?
Depuis des décennies, nous parlons des vertus du leadership, nombreux se sont d’ailleurs essayés à définir les qualités du leader. Il est plutôt aisé d’être un leader en période de calme, de prospérité économique. Mais quand est-il en période de crise, d’incertitude ? Quelles sont les qualités du leader ?
L’optimisme en fait partie indéniablement. En effet, notre état a vraiment un impact mesurable (Etudes menées par HARVARD), il agit comme catalyseur d’énergie collective.
Prenons ensemble le temps de la réflexion : combien de fois avons-nous vu une équipe se transformer sous l’impulsion d’un dirigeant qui pose les bonnes questions plutôt que de céder à l’anxiété ? « Qu’est-ce que cette situation de crise nous révèle ? Quelles opportunités s’ouvrent à nous ? Comment pouvons-nous nous adapter ? »
Ainsi, je suis intimement convaincue que notre état d’esprit crée le climat dans lequel nos équipes évoluent. Anxieux et méfiant, nous générons de la prudence paralysante. Lucide et constructif, nous libérons l’audace et l’engagement. Il y a un préalable pour réussir : prendre soin du bien-être de nos équipes !
3. LES PIEGES DE L’OPTIMISME MAL COMPRIS
Comme je le mentionne plus haut, l’optimisme est la confiance éclairée (consciente) en la capacité collective d’évolution. Mais, l’optimisme mal calibré peut aussi être dangereux pour votre entreprise.
- Le déni de réalité: Ignorer les signaux faibles, minimiser les risques réels, se réfugier dans des projections irréalistes. L’optimisme véritable regarde la réalité en face.
- L’injonction toxique au positif: Demander à vos équipes d’être positives quand elles traversent des difficultés objectives crée de la dissonance et de la défiance. L’optimisme authentique accueille les émotions difficiles et cherche ce qui peut être fait malgré elles.
- L’optimisme en solitaire: Croire que votre seul optimisme suffira à porter l’entreprise. Le leadership ne se joue pas seul. L’optimisme du dirigeant doit être partagé, co-construit, nourri collectivement.
Alors comment peut-on cultiver l’optimisme pour nous et nos équipes ? Je vous propose plusieurs pistes à explorer seul, avec vos proches collaborateurs et/ou vos équipes.
4. CULTIVER L’OPTIMISME DU DIRIGEANT : EXERCICES PRATIQUES
Tout comme l’émerveillement, l’optimisme n’est pas une qualité innée, un don réservé à quelques élus. La bonne nouvelle est qu’il s’agit d’une posture qui se travaille, s’affine, se cultive délibérément. C’est une compétence !
Voici des pistes concrètes que j’ai personnellement mises en œuvre ou qui m’ont été partagées par d’autres dirigeants.
Exercice 1 : L’inventaire des possibles
Face à un défi actuel de votre entreprise, prenez 20 minutes pour cet exercice :
- Listez tous les aspects de la situation que vous ne contrôlez pas (contexte macro, comportements tiers…)
- Puis listez tout ce qui relève de votre champ d’action, même à la marge
- Pour chaque élément de la seconde liste, identifiez une action concrète possible dans les 7 jours
Cet exercice déplace votre attention de l’impuissance vers l’agentivité. Il réactive l’optimisme en vous reconnectant à votre pouvoir d’action.
Exercice 2 : La réinterprétation constructive
Repensez à trois difficultés récentes de votre entreprise. Pour chacune, répondez par écrit :
- Qu’est-ce que cette difficulté révèle sur mon entreprise, mon marché, mon organisation ?
- Quelle opportunité d’amélioration ou d’innovation se cache derrière ?
- Si je devais transformer cette contrainte en avantage concurrentiel, comment ferais-je ?
Selon Épictète : « Ce ne sont pas les événements qui troublent les hommes, mais l’idée qu’ils s’en font ». Cet exercice entraîne votre capacité à changer d’angle de vue.
Exercice 3 : Le rituel des victoires
Instaurez un rituel hebdomadaire, seul ou avec votre équipe rapprochée :
- Identifiez trois choses qui ont fonctionné cette semaine, même petites
- Analysez pourquoi elles ont fonctionné
- Identifiez comment reproduire ou amplifier ces succès
Ce simple rituel renforce l’optimisme en créant une attention sélective vers ce qui marche, sans nier ce qui dysfonctionne.
Exercice 4 : Le conseil des sages imaginaires
Lorsque vous faites face à une décision complexe dans un contexte incertain :
- Imaginez trois personnes que vous admirez pour leur sagesse ou leur vision
- Demandez-vous : « Comment chacune d’elles aborderait cette situation ? »
- Notez les perspectives différentes qui émergent
- Identifiez les éléments d’optimisme ou de lucidité dans chaque approche
Cet exercice élargit votre champ de vision et réactive votre capacité à voir des possibles.
5. CULTIVER L’OPTIMISME DANS VOS EQUIPES : L’EFFET MULTIPLICATEUR
L’optimisme du dirigeant est contagieux, mais il ne suffit pas à lui seul. Pour qu’il devienne un véritable levier de performance, il doit irriguer toute l’organisation.
Créer les conditions de la confiance, parce qu’elle ne se décrète pas, elle ne s’impose pas. Elle se cultive chaque jour par des actions et des paroles alignées.
Concrètement, cela signifie :
- Partager votre vision avec clarté, même quand elle est en construction
- Admettre les zones d’incertitude plutôt que de les masquer
- Associer vos équipes à la recherche de solutions plutôt que d’imposer des réponses toutes faites
- Célébrer les initiatives, même celles qui ne fonctionnent pas parfaitement
- Encourager l’expression d’idées nouvelles sans jugement immédiat ;
- Valoriser les apprentissages (même issus des projets avortés) ;
- Célébrer les progrès collectifs, pas seulement les résultats ;
- Communiquer avec transparence, en reconnaissant les défis mais en soulignant aussi les opportunités.
Si vous avez envie d’aller plus loin ? Prenez un moment, seul ou avec votre équipe de direction, pour explorer ces questions.
6. EN CONCLUSION : L’OPTIMISME DU DIRIGEANT EST UN ACTE DE COURAGE
Je suis profondément convaincue que cultiver l’optimisme en période d’incertitude n’est ni une naïveté ni un luxe. C’est un acte de courage et de lucidité. C’est choisir de voir les marges de manœuvre plutôt que les seules contraintes. C’est décider d’agir plutôt que de subir.
La bonne nouvelle est que vous ne dirigez pas seul. Les grands patrons l’ont compris depuis longtemps : ils s’entourent, se font accompagner, cultivent des espaces de réflexion et de ressourcement. Vous aussi, vous avez le droit et peut-être le devoir de ne pas rester seul face aux défis. Un coach professionnel peut être ce sparring partner qui vous aide à maintenir votre lucidité, à challenger vos angles morts, à préserver votre capacité d’action et de vision.
L’optimisme du dirigeant ne se décrète pas. Il se construit, se nourrit, se cultive jour après jour, dans un équilibre subtil entre action et réflexion, entre performance et sens, entre vie professionnelle et personnelle. C’est cette capacité à regarder la réalité en face avec ses difficultés, ses contraintes, ses menaces tout en maintenant la conviction qu’il existe des marges de manœuvre, des solutions à inventer, des opportunités à saisir. C’est un pari sur l’action plutôt que sur la résignation. Une posture qui dit : « Oui, c’est compliqué. Et alors ? Que pouvons-nous faire ? »
Et vous, qu’allez-vous faire dès demain pour cultiver cet optimisme qui fera la différence pour votre entreprise ?